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2010/10/22

Des îles nées d'un cocotier...

Durant l’année 2009, l’Ifrecor (Initiative française pour les récifs coralliens) et le Criobe (Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement) ont financé une mission scientifique sur l’atoll de Fakarava, archipel des Tuamotu, en Polynésie Française. L’objectif de cette mission était de réaliser un inventaire des variétés de cocotiers et d’évaluer les potentialités de conservation des variétés traditionelles sur les nombreux petit motu (îles coraliennes) de l’atoll.
A l’époque, M. Tshonfo Ayee Cyrille dit Tehira était le président de l’Association de la réserve de biosphère de la commune de Fakarava,. Il  nous a accueilli avec une grande hospitalité et nous a fourni un grand nombre de renseignements précieux. Il nous a aussi emmené en bateau visiter les motu.
Tehira indique que, pour les polynésiens, un motu se définit comme une petite île sur laquelle pousse de la végétation. Un rocher ou un banc de sable sans végétation ne sont pas des motu.
Selon Tehira, dans la plupart des cas, « c'est le cocotier qui crée le motu ». Tehira dit ainsi avoir vu, au cours des années, certains bancs de sables se transformer en petit motu.
Les photographies illustrent les différents stades de ce processus. Des noix de coco apportées par la mer germent sur un banc de sable qui n’est pas encore stabilisé. Ensuite des oiseaux viennent se poser sur les cocotiers. Sur leurs plumes ou dans leurs fientes, ces oiseaux transportent des graines qui se déposent sur le banc de sable autour du cocotier. Les fientes des oiseaux enrichissent la terre.
Dans la plupart des cas, un seul cocotier réussit à survivre jusqu'à l'âge adulte. Petit à petit, de la végétation se développe au pied d’un cocotier. Les racines du cocotier et des autres plantes contribuent à fixer et à maintenir le banc de sable.
Nous avons observé un petit motu qui ne comportait q'un seul cocotier adulte.