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2010/10/13

Nain Rouge de Malaisie

En Polynésie Française, le Nain Rouge Malaisie est une variété extrèmement rare. Pour l'instant, trois cocotiers seulement ont été identifiés. L'un se trouve à Mahina, Tahiti, dans un jardin proche d'une station service désaffectée. Les deux autres sont à Moorea, le long de la route coté montagne. Ce nain a été introduit en Polynésie Française dans les années 1980 à partir de la Station Marc Delorme de Côte d'Ivoire, en Afrique de l'Ouest. Cette introduction a été réalisée par l'IRHO, l'un des instituts qui ont fusionné pour créer l'actuel Cirad, le Centre International de Recherches Agronomique pour le Développement.
La collection de cocotier de Rangiroa ayant été délaissée et détruite, il subsiste probablement en Polynésie Française moins d'une dizaine de cocotiers de cette variété.
Nain Rouge de Malaisie
Pourtant le Nain Rouge de Malaisie est l’une des variétés de cocotier nain les plus répandue dans le monde. Dans certains archipels du Pacifique, par exemple à Fidji, à Samoa, à Tonga, en Nouvelle Calédonie, il est bien plus répandu que son cousin Nain Jaune. On l'utilise beaucoup comme parent pour la production d'hybrides Nain x Grand.
Le Nain Rouge de Malaisie a fait l'objet d'une description scientifique publiée en Français dans notre livre "Cocotier, guide des variétés traditionelles et améliorées" et en Anglais dans le catalogue mondial des variétés de cocotier.
Les services de l'Agriculture semblent pour l'instant peu intéressés à sauvegarder cette variété, Il est heureux que certains planteurs privés, conseillés par nos soins, aient pris récemment l'initiative de multiplier cette variété à des fins de conservation, de production de semences et de noix à boire. Nous recherchons d'ailleurs d'autres planteurs privés ou collectionneurs intéressé à participer à cette opération de sauvegarde.
Dans de bonnes conditions, ce Nain commence à produire trois ans après la plantation. Il peut produire 70 à 100 fruits par arbre et par an (à la densité de 210 arbres à l’hectare et sans irrigation). L’eau des jeunes fruits est très agréable à boire mais pas aussi sucrée que celle d’autres nains comme le Nain Vert du Brésil. L’amande est fine et donne un coprah caoutchouteux, plus difficile à sécher que celui du Nain Jaune de Malaisie.
Les fruits du Nain Rouge Malaisie sont plus gros que ceux de son cousin Nain Jaune. De forme oblongue, leur poids varie généralement de 740 à 980 grammes. A l’intérieur, la noix presque ronde pèse 500 à 600 grammes. Ces chiffres correspondent aux conditions de culture du littoral de Côte d’Ivoire. Mais dans le Pacifique, sur des terres volcaniques fertiles et bien arrosées, les poids du fruit et de la noix atteignent respectivement 1080 et 760 g en moyenne.
Sa magnifique couleur n’est en fait pas vraiment rouge, mais plutôt d’un orange vif. Certains auteurs anglais, dans le passé, l’ont appelé « orange » ou même « golden » (ce qui veut dire doré). Mais l’appellation « rouge » de l’école française a finalement prévalu. Cette couleur se retrouve au niveau des inflorescences, des pétioles des feuilles et des jeunes fruits, et du germe qui pointe hors de la semence.
Les feuilles les plus jeunes, situées au sommet du cocotier présentent un aspect « échevelé », moins marqué cependant que chez le Nain Jaune Malais. Les fleurs mâles et femelles de la même inflorescence se fécondent entre elles. Le taux d’autofécondation est supérieur à 90%. Comme chez le Nain Jaune, les régimes présentent des pédoncules courts et sont bien supportés par les feuilles.
L'origine du Nain Rouge Malaisie n’est pas mieux connue que celle des autres nains dit « Malais ». Des planteurs l’auraient introduit en Malaisie dans les années 1890-1900, probablement à partir d’Indonésie.
Plus d’une trentaine de types de Nains Rouges ont été décrits à travers le monde. Certains d’entre eux ressemblent fortement au Nain Rouge de Malaisie : on peut citer notamment ceux du Sri Lanka, de Chowgat en Inde, de Nias en Indonésie, de Chumpon en Thaïlande, et même de Cuba. Seule la biologie moléculaire permettra de confirmer si ces différents nains sont vraiment identiques. Par contre, d’autres Nains rouges se distinguent aisément du type malais. Le Nain Rouge Cameroun, décrit dans cet ouvrage, présente des fruits en forme de poire d’une couleur orangée nettement plus pâle. D’autres Nains Rouges du Pacifique donnent des régimes à long pédoncule, dont les fruits plus petits et nombreux sont d’une couleur rouge orangée plus soutenue. Le Nain Rouge de Polynésie constitue un exemple de cette famille de nains rouges.
Ce Nain à la couleur très décorative est un cocotier destiné aux jardins et à l’horticulture.  Il a été planté à grande échelle en Jamaïque, du fait de sa tolérance à la maladie du jaunissement mortel dans ce pays. Dans le domaine de la recherche, le Nain Rouge de Malaisie a été employé comme parent de nombreuses variétés hybrides, dont certaines sont diffusées à l’échelle mondiale. On peut notamment citer son hybride avec le Grand de l’île Rennell, très utilisé dans le Pacifique, et son hybride avec le Grand Tagnanan vulgarisé aux Philippines. Dans les conditions des îles hautes de Polynésie Française, il pourrait fournir des hybrides nettement meilleurs que celui actuellement utilisé, croisement du Nain Vert Brésil et du Grand de Rangiroa.